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Osi Hotchkiss 2 CV

Déconfinement en Val de Loire

Déconfinement en Val de Loire

Nous y sommes! Le confinement est réduit à une interdiction de déborder d’un rayon de 100 kilomètres. Le temps est au beau fixe. C’est l’occasion de faire rouler un peu les anciennes.

Je décide de prendre la direction de la Loire, et pour commencer d’un tout petit hameau, Grignon, Vieilles Maisons sur Joudry.

A en juger par la taille du lieu, il est difficile de s’imaginer que Grignon fut pourtant un point clé du développement économique de la région, car c’est ici, au XVIIe siècle, qu’est né le premier tronçon de ce qui va devenir le canal d’Orléans. La première partie rejoindra le canal de Briare sur le versant Seine (entre la Seine et la Loire) à Buges (à côté de Châlette-sur-Loing), non loin de la papeterie royale devenue depuis une usine Hutchinson.

Entre Loire et canal de Briare

C’est à Robert Mahieu, négociant en bois, que revient cette belle initiative. Nous sommes ici en bordure de la forêt d’Orléans et de ses 35000 hectares de bois.

Déconfinement en Val de Loire
Sur la partie haute de Grignon, le canal rejoint la Loire à Orléans

Chamousette, la belle Hotchkiss, étant toujours confinée à plus de 200 kilomètres de la maison, c’est L’OSI qui est de sortie. Ce sont des six cylindres dans les deux cas, mais avec l’OSI il faut démarrer en première. le six en ligne de l’Hotchkiss monte moins bien dans les tours mais offre un couple bien supérieur et procure un bien meilleur confort de conduite. Par contre l’Italo – Allemande s’insère mieux dans la circulation d’aujourd’hui.

OSI de 1967

Ce canal était destiné au transport de bois vers Paris. Certaines écluses ne sont plus fonctionnelles.

Il faut passer 15 écluses pour rejoindre le canal de Briare

Non seulement Grignon était le siège des « Canaux d’Orléans et du Loing » mais à la faveur de son embarcadère et de l’étang, une activité de forge et de charpente s’y étaient créée. La désertification rurale et l’accessibilité en voiture à des communes plus importantes ont provoqué la mort des centres de vie locaux.

La boulangerie et ce qui devait être un restaurant ou une auberge ne sont plus en activité, tout au moins pas à cette période de l’année.

Si nous avions fait le choix de déjeuner avant de partir, d’autres ont préféré l’option pique-nique à l’ombre des platanes. Très bonne idée et à part quelques promeneurs longeant le canal, il n’y a pas âme qui vive.

Peugeot 404 et Peugeots 203 en villégiature.

Voie non navigable aujourd’hui, le canal profitait à ses débuts du vaste plan d’eau situé en contrebas des trois écluses.

Si la région est riche en étangs de toutes tailles, ici nous sommes en face de l’oeuvre des hommes. Je reste toujours admiratif de ce qu’ont réalisé nos anciens à la force de leurs muscles.

Mais la raison de notre visite en ce lieu n’est pas que liée à un chapitre de l’histoire de la batellerie locale. Les lecteurs régionaux n’auront pas manqué la communication de la mise à l’eau de la Belle de Grignon en 2018.

Onze années se seront écoulées entre la naissance du groupe « Grignon au temps des Mariniers » et la fin de la construction de la flûte berrichonne, bateau emblématique du canal d’Orléans, entièrement en bois et construite selon les plans du XIXe siècle et en utilisant les techniques de l’époque.

Projet un peu fou conduit par des bénévoles avec le soutient du Conseil Général. Cela me fait penser au chantier du château de Guédelon. La longueur de la péniche est de 27 mètres. Elle pèse 20 tonnes.

La belle est stationnée à l’abris de l’auvent du chantier.

Malheureusement, pour les raisons que vous savez, le site est fermé au public. Quand la période sera plus clémente, nous reviendrons. Pour vous faire une meilleure idée, vous devez vous rendre sur le site internet de l’association.

Attention me souffle l’OSI: Il ne faut pas confondre la « Belle de Grignon » et la « Belle de Loing » marque de bière locale bien connue dans le Gâtinais. Pour une voiture qui ne roule même pas au sans plomb, je trouve la blagounette osée.

Grignon est aussi connu pour ses platanes remarquables. Vous en avez vu certains entre l’ancienne auberge et les écluses, mais ce ne sont pas les seuls. Saviez-vous qu’un platane peut vivre jusqu’à 4000 ans ? Là ou ils sont placés, il y a au moins une certitude: ils ne serviront pas d’obstacle aux voitures, comme sur la route nationale 7. Clin d’œil à l’accident de Sylvie Vartan dans son OSI orange (la couleur d’origine de la mienne). Ceci dit, c’est Johnny Halliday qui s’était enroulé autour d’un acacia en Lamborghini Miura. Sylvie s’était contenté de fracasser une Peugeot 404 camionnette en avril 1968! C’est qui le patron?

Les platanes peuvent mesurer jusqu’à 55 mètres de hauteur.

Le point d’étape suivant est Sully-sur-Loire. Le château est bien entendu fermé à la visite, mais je vous offre ces quelques clichés pour le plaisir des yeux.

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Ce n’est pas de la pollution mais un dépôt de pollen.

Sa construction remonterait à 1102, pour contrôler un pont sur la Loire. Il s’agit en fait de deux systèmes défensifs séparés.

Peu après mon retour de Grande Bretagne, un de mes anciens voisins, Harry, accompagné de son épouse Sheila (on reste dans le show biz des années 60) m’avait fait ce commentaire: « en France vous avez la chance de posséder le dernier fleuve sauvage d’Europe ». Et il est vrai que la Loire est belle avec ses berges sauvages et les quelques îles ensablées qui parsèment son cours d’OSI de là.

Si la Loire est large mais peu profonde, son courant incite cependant les navigateurs à la prudence. C’est le profil du fleuve en escalier qui en est la cause. les décrochements provoquent des zones d’eaux profondes et d’autres qui le sont moins.

A huit kilomètres de Sully, de la piste cyclable qui longe la jetée émergent les toits de la basilique de Saint-Benoît-sur-Loire. Saint Benoît fonde le monastère du Mont-Cassin au nord de Naples, vers 520. Il y meurt après avoir donné à ses disciples une règle de vie. Les envahisseurs venus de Lombardie dévastent l’abbaye et les moines se dispersent.

Vers 630, des moines venus d’Orléans fondent le monastère de Fleury et y vivent selon la « Règle de Saint-Benoît ». En 672, ils vont chercher les ossements de leur Maître et les ramènent ici.

De nos jours, 32 moines y vivent encore.

On aperçoit nettement la tour-porche au premier plan et la nef juste derrière.

De style roman, la tour-porche est unique en son genre. L’ensemble est soutenu par douze piliers qui évoquent la Jérusalem céleste décrite par Saint Jean au chapitre 21 de l’Apocalypse, le dernier livre de la Bible.

Commentaire de l’auto: j’aime bien l’idée d’être immortalisée devant un bâtiment OSI unique!

Chacune des piles est surmontée de chapiteaux finement sculptés et représentant des scènes apocalyptiques ou religieuses, sans parler des compositions florales.

Bien que les offices religieux aient été suspendus, la porte est ouverte et la visite possible. Alléluia !

Construit en pierre du Nivernais, l’édifice mesure 73 mètres de long et 17 mètres de large. La hauteur de la nef est de 20 mètres; sous la coupole il faut ajouter 4 mètres de plus.

Romane dans sa partie basse, la nef est couverte d’une voûte gothique.

Ci-git le roi Philippe 1er (1052-1108), quatrième Capétien. Roi à huit ans, marié à quinze ans, il règne pendant un demi-siècle. Décédé à Melun, il avait demandé à être enterré ici. « Le pieux Père de tous ces moines, dans son église, près de la Loire. Il est plein de clémence et de bonté, il accueille avec bienveillance les pécheurs qui veulent se repentir et se réconcilier avec Dieu, selon la discipline de sa règle« .

Regardez bien le sol et vous verrez le dallage de marbre polychrome. C’est une oeuvre romaine du IVe ou Ve siècle qui ornait l’église précédant celle dans laquelle nous sommes.

La raison de son souhait de repentance est assez simple: ce brave homme répudie sa femme au bout de vingt ans de mariage et enlève la femme du duc d’Anjou, ce qui lui vaut d’être excommunié par le pape. Passer d’une Berthe à une Bertrade lui a procuré bien du souci! Ceci dit, ce que les informations disponibles dans la basilique ne disent pas, c’est que Bertrade de Montfort était non seulement très belle, mais plus jeune de trente ans que le duc d’Anjou qui en avait obtenu la main grâce à un marchandage peu glorieux. De plus le bougre était surnommé le « rechin » tant il était revêche. Doit-on en conclure que la belle était consentante à son enlèvement?

Installée sur la gauche dans le transept nord depuis 1954, cette statuette en albâtre « Notre-Dame de Fleury » date du XIVe siècle. Plusieurs fois déplacée et ayant échappé à la Révolution, elle a repris sa place.

Pour tout vous dire, j’ai du mal à comprendre comment on peut vénérer une statuette!

Il faut descendre quelques marches pour atteindre le sanctuaire dans lequel quelques fenêtres laissent filtrer un peu de la lumière extérieure. Par ailleurs neuf ouvertures percées dans le mur de la confession qui nous séparent de l’église, permettaient de vénérer les reliques.

Les colonnes rappellent l’harmonie et la noblesse des grandes basiliques.

Cet appareil photo ne cesse de m’étonner par sa luminosité dans les lieux sombres!

C’est ici, dans la crypte, que les reliques de Saint-Benoît sont conservées. J’ai, pour l’occasion, découvert le sens du mot « châsse » qui est dans ce cas un coffre d’orfèvrerie dans lequel sont enfermées les reliques. Le saviez-vous?

Ceci dit ce n’est pas la châsse médiévale: elle a disparu.

Sur le chemin de la sortie, on ne peut pas manquer l’orgue qui, au regard du reste de la basilique, est bien jeune puisque construit en 1983. En fait c’est une restauration confiée à Alain Sals, facteur à Malaucène (au pied du Ventoux). Il possède 35 jeux et 500 tuyaux des XVIIe et XVIIIe siècles.

La coquille que vous voyez en bas de la photo est purement décorative.

En suivant la route à destination d’Orléans, nous arrivons rapidement à l’oratoire de Germigny-des-Prés. Si son architecture est un témoignage de ce qui se faisait du temps de Charlemagne, c’est surtout sa mosaïque qui vaut le détour. Hélas, trois fois hélas, la porte en est close! Mais nous avons trouvé une compensation! Le cerisier qui règne à l’arrière du jardin offre ses fruits à la discrétion de chacun.

A l’origine, cet oratoire était la chapelle privée de la villa, depuis disparue, de Théodulphe (750-821) (du grec Theos pour Dieu et Dulos pour esclave). Né en Espagne d’une famille de Wisigoth, il devient érudit, intime de Charlemagne et évêque d’Orléans, avec dans son périmètre de responsabilité, l’abbaye de Saint Benoît. Il va contribuer à développer l’éducation élémentaire prônée par celui qui a inventé l’école… Sa fin sera moins glorieuse puisque, disgracié et mis en prison à Angers, il y mourra.

C’est l’oratoire d’Aix-la-Chapelle qui a servi de modèle

Le retour va se faire au plus court, l’occasion de faire une petite pointe de vitesse. La pression d’huile est correcte. La température d’eau est constante. tout va bien si ce n’est le grincement sous le siège du conducteur.

130 kilomètres pour une sortie de déconfinement, c’est bien.

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