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Osi Hotchkiss 2 CV

Périple au pays des brexiteurs

Périple au pays des brexiteurs

Le début de cette histoire débute à la réception du bulletin du club de la British Hotchkiss Society. En regardant leur programme, j’observe que nos amis d’outre-Manche terminent l’année par ce qu’ils appellent « a closing day ». En fin de saison, les adhérents se retrouvent, l’espace d’un dimanche, autour d’un repas. Ils font de même au printemps, c’est leur « opening day ».

Cela fait longtemps que j’attends l’occasion d’aller faire un tour en Grande-Bretagne. C’est l’opportunité. Un échange avec Paul, le président de la BHS pour confirmer qu’ils m’acceptent, et c’est décidé: j’assisterai avec Nicole à leur week-end de mi-octobre.

Chamousette ne sera pas de la partie car l’aller et le retour prendraient trop de temps. Le moyen le plus rapide est de prendre l’autoroute et le tunnel sous la Manche. Je m’assure quand même avant que cela ne va pas être considéré comme un crime de lèse majesté par le BHS. Je suis excusé par avance. Tout va bien. 

Le commentaire de Chamousette.  » Je trouve un peu vexant que l’on ne m’ait même pas demandé mon avis! Je vis cela comme si j’étais punie, cantonnée au ban de touche!. La vengeance est un plat qui se mange froid!! »

Périple au pays des brexiteurs

Périple au pays des brexiteurs

Nous partons de Montargis en fin de journée vendredi. Nous passerons la nuit dans un des hôtels de Calais, afin de prendre un des premiers trains du samedi et de pouvoir profiter de la journée pour rejoindre le lieu de rendez-vous, au sud-ouest de Londres. 

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Pour celles et ceux qui n’ont jamais pris le tunnel sous la Manche en voiture.

Le chemin entre Douvres et Kingsclere n’est pas si long. Nous avons donc tout le temps de nous arrêter en cours de route. Un rapide coup d’œil sur les guides et nous jetons notre dévolu sur le château de Leeds. Mais comme nous arrivons de bonne heure, et que les visites ne débutent qu’à 10h00, un petit détour dans la campagne anglaise nous guide vers le village de Leeds.

C’est à l’entrée du village que nous remarquons cette église à l’architecture peu conventionnelle au regard de nos standards hexagonaux. C’est l’église Saint-Nicholas. Elle trouve ses origines il y a plus de mille ans puisqu’elle fut enregistrée lors de l’enquête dans le « domesday book » en 1086.  

Cette tour, comme le reste de l’édifice, est bâtie en « pumice stone » ou pierre ponce. On trouve ce matériau dans le lit des rivières. Lors de l’extraction, la pierre se découpe comme du fromage. Au contact de l’air, elle se durcit. 

Mais cette tour comporte une autre singularité: elle contient un carillon de dix cloches, dont la plus ancienne date de 1617. Les autres sont de 1638 et de 1751. Comme par hasard, un des pubs du village se nomme « les Dix Cloches ». Et comme l’offre crée le besoin, le village possède un ensemble de joueurs de cloches. CQFD! 

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Périple au pays des brexiteurs. La flèche, qui avait été démontée en 1932 pour raison de sécurité, a été remplacée en 1963. 

N’étant pas très fin connaisseur en architecture anglaise, j’ai un peu de mal à faire la différence entre les styles « Anglo-Saxon » et « Normand ». C’est un point qu’il me faudra creuser un jour. Ce qu’il faut retenir, c’est que les monuments Anglo-Saxons sont les plus anciens. La tour est du début de l’époque « Normande ». La nef est antérieure.

Cette église de Leeds est donc un mélange des deux styles. Comme souvent, le cimetière entoure l’église. Les pierres tombales sont le plus souvent illisibles. Pour l’anecdote, l’une d’entre elles est celle de James Barham. Mais qui diable est ce James Barham me direz-vous? Eh bien ce citoyen britannique du XVIIIe siècle était capitaine des sonneurs de cloches. Sur sa tombe, on peut lire que les 07 et 08 avril 1761 il a participé à un carillon qui a duré 27 heures! Les historiens anglais, avec le sens de l’humour qui les caractérise, précisent même que sonner les cloches ne lui a pas fait de mal, puisqu’il s’est éteint à l’âge de 93 ans! Cela explique peut-être les vocations contemporaines. 

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Clin d’œil avec cette phrase écrite en français: « Honi soit qui mal y pense », devise anglo-normande de l’ordre de la Jarretière, l’ordre le plus important de la chevalerie britannique.

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L’ordre de la Jarretière a été créé en 1348 par Édouard III

La nef est la partie la plus ancienne de l’église. Haute et étroite, elle est de style Anglo-Saxon. Le chevet serait du XIIIe siècle. 

L’orgue, vu sous cet angle, est assez particulier. Il date de 1883 et sera joué pour la première fois le jour de Pâques de cette même année. Nous le devons à J.D Dixon de Cambridge. Un souffleur électrique a été ajouté par la suite. 

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L’orgue a été financé par une souscription publique.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En ce début d’automne, l’herbe qui entoure l’église se mêle à des touffes de cyclamens.

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Une fois la visite de l’église terminée, nous sommes juste à l’heure pour rejoindre le château de Leeds.

Les anglais disent que c’est le plus joli château au monde. En 1913, Lord Conway, dans son ouvrage « Country Life » explique que malgré tous les mérites que l’on peut trouver à Windsor, Warwic, Amboise, Aigues-Mortes, Carcassonne… aucun ne peut se comparer à Leeds, entouré d’eau, particulièrement en automne quand les arbres se parent d’or et que la brume est présente. C’est sans doute très exagéré, mais le parc par lequel on accède fait forte impression. Au début, le domaine comptait trois mille acres, c’est-à-dire 1214 hectares! Depuis, la superficie s’est réduite mais on y trouve quand même une ferme, des bois, un golf et bien entendu des jardins. 

Périple au pays des brexiteurs

Périple au pays des brexiteurs: le jardin oriental. 

Connaissant l’amour que nos amis anglais portent à la nature et aux animaux, il n’est pas surprenant de trouver de la vie sauvage dans le parc.

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Les canards sont à leur aise dans le plan d’eau, mais ce ne sont pas moins de vingt espèces de canards et cygnes qui y vivent. 

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Quant aux écureuils, les passants ne semblent pas les déranger dans la recherche de nourriture, qu’ils enfouissent presque aussitôt. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tous les animaux ne sont pas vivants. Ce dragon Chinois a été sculpté dans ce qui reste d’un cèdre de 200 ans. Malade, l’arbre a du être coupé. Un artiste local a été sollicité pour réaliser cette oeuvre. Ce sont les visiteurs qui lui ont trouvé son nom: Aragon le Dragon. Catherine d’Aragon était la première femme d’Henri VIII. Elle a résidé dans le château. CQFD.

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Catherine d’Aragon est arrivée dans le château le 22 mai 1520. 

Un peu plus loin, c’est cette gloriette construite sur ordre d’Eleanor de Castille en 1278, sur l’emplacement d’un ancien donjon. 

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Je vous présente le château de Leeds. La première pierre en a été posée en 1119, à l’initiative de Robert de Crèvecœur, sur les bases d’un manoir en bois. Ce monsieur faisait partie de la troupe des chevaliers de William (en français Guillaume) le Conquérant. Un montage vidéo très joliment réalisé retrace à l’intérieur du château toutes les étapes de ses transformations successives. Il fêtait donc cette année ses neuf cents ans. 

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L’eau est très présente sur le domaine. 

En 1278, le domaine devient Royal. Il fait partie des biens des reines d’Angleterre. Successivement, sur cent cinquante ans, ce sont Eleanor de Castille, Margaret de France, Isabelle de France, Anne de Bohème, Joan de Navarre et Catherine de Valois qui en hériteront.

En 1552, le roi Edward VI en fait cadeau à l’un de ses courtisans, pour services rendus. Depuis cette période, le château est demeuré privé. Son usage a fluctué au fil du temps: parfois une prison, parfois une garnison, parfois un centre de convalescence et bien sûr un lieu d’habitation.   

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Sous cet angle, on dirait l’entrée d’une forteresse. 

Je vous propose quelques clichés des ruines de l’ancien château. 

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Si parfois on quitte les châteaux frustrés de ne pas avoir pu visiter plus que les quelques pièces destinées au public et meublées à l’économie, cette fois-ci ce ne sera pas le cas. 

Tout au long de ses neuf cents ans d’existence, la construction a subi de très nombreuses destructions et reconstructions. Des fondations « normandes » à la demeure typée XXe siècle que l’on visite, les styles se sont succédés. Vous voulez des preuves concrètes? En voici, à travers les reconstitutions proposées aux public. 

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Rustique et spartiate, n’est-il pas? 

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Nous sommes au milieu de la période Renaissance en Angleterre. 

 

 

 

 

 

 

 

Ce dessin est attribué à l’an 1718, c’est-à-dire à la fin de la Renaissance. On voit que déjà les créneaux n’ont plus aucune fonction défensive.

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Un terrible incendie ravage l’extrémité du monument. 

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Regardez bien la façade. On la retrouve à l’identique de nos jours. 

 

 

 

 

 

 

Ne vous fiez donc pas aux créneaux qui nous surplombent. Ce n’est plus du tout une construction du Moyen-Age. 

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L’eau est partout. 

Pour l’instant, l’entrée se fait par l’arrière, ce qui peut sembler étonnant, mais c’est le circuit pour que les visiteurs ne se croisent pas. Il nous fait passer par les caves. Si l’on associe souvent de nos jours la notion de cave et celle de cave à vin, à l’époque, en l’absence de réfrigération, les caves servaient à conserver bon nombre de produits.

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Après être remontés au niveau de la cour, une des premières pièces ouvertes à la visite est la chambre de la reine. Considérant la période lointaine et l’état de conservation des tissus, vous vous doutez que nous avons devant les yeux une reconstitution, la plus proche possible, de ce qui devait exister au Moyen-Age.  Le lit, au demeurant fort large, avait une fonction cérémoniale. La reine s’y asseyait quand elle recevait des visiteurs. 

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Peu visibles sur cette photo, les monogrammes du roi Henry V et de Catherine de Valois (1401 – 1437) sont imprimés sur les tentures vertes. 

Henry V, propriétaire du château, bien qu’ayant des ancêtres français, traverse la Manche avec une armée de onze mille hommes et fait le siège d’Harfleur. En retournant vers Calais, il doit faire face à Azincourt à une armée Française supérieure en nombre. En dépit de ce handicap, il gagne la bataille (1415) grâce à son sens tactique et à ses archers. 

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La bataille d’Azincourt. 

 

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Portrait de Henry  V. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous passons maintenant à Henry VIII (1509 – 1547). Ce roi a marqué son temps car, non content d’avoir eu six femmes, il se brouille avec le pape, qui lui refuse le divorce d’avec Catherine d’Aragon et l’excommunie pour en avoir épousé une autre en cachette! Fâché, Henry VIII fait adopter par le Parlement l’Acte de Suprématie par lequel il rompt avec le Saint-Siège et se proclame «l’unique et suprême chef de l’Église d’Angleterre». C’est la naissance de l’Anglicanisme. Ses opposants sont décapités, tout comme sa deuxième épouse accusée d’adultère. Une manière simple de régler le problème du deuxième divorce. Sa cinquième épouse subira le même sort. La sixième l’enterrera, ce qui mettra fin à la série des décapitations pour adultère. 

Après cette introduction, je vous présente la salle de banquet d’Henry VIII. Elle sert toujours lors de réceptions. 

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Le parquet en ébène date quant à lui de 1927 mais il est en grande partie caché par de la moquette. 

Un petit zoom sur la cheminée. Henry VIII y a son portrait. Le garçon avait une tendance à l’obésité. 

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Cet escalier mérite que l’on s’y attarde. S’il est de style XVIe siècle, en fait il a été restauré par un architecte français du nom d’Armand Albert Rateau (1882 – 1938). Elève de l’école Boulle, monsieur Rateau est attiré par la sculpture sur bois. A bien regarder la torsade de la vis de l’escalier et les panneaux en serviette, on comprend d’où lui est venue l’inspiration. 

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A bien y regarder, l’histoire met en évidence les liens multiples entre la France et l’Angleterre. 

Cette chambre a été ajoutée par Henry VIII pour sa première épouse, Catherine d’Aragon. La pièce ne ressemblait en rien à ce qu’elle est aujourd’hui puisque c’est Lady Baillie qui l’a transformée en boudoir. 

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Ce que l’on appelle aujourd’hui le salon de séminaire fut du temps de Lady Ballie un salon, puis une chambre. Depuis, cette pièce a hébergé des réunions internationales dont la plus célèbre est sans doute la préparation de l’accord de paix entre l’Egypte et Israel. 

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La pièce suivante est la chambre de Lady Baillie. Elle a été imaginée et réalisée par Stéphane Boudin (1888 – 1967), un décorateur français. Il a travaillé pour Edward VIII au Palais de Buckingham, et pour Jacqueline Kennedy à la Maison Blanche, pour ne citer que ses clients les plus connus.

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Je passe sur d’autres pièces qui me semblent moins intéressantes pour m’attarder sur la bibliothèque. Elle a été redessinée par Stéphane Boudin, juste avant la seconde guerre mondiale. Elle contient trois mille livres. L’idée était d’en faire un lieu de convalescence pour les officiers blessés à la guerre. 

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On a vu des bibliothèques d’hôpital moins accueillantes. 

Ces décorations ou chandeliers m’ont interpelé. L’omniprésence d’oiseaux doit avoir une signification que je ne connais pas. Il s’agit de porcelaine orientale. 

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Ici encore, c’est Stéphane Boudin qui met en scène les murs en les recouvrant de soie jaune. La cheminée a plus de deux cent cinquante ans. Une salle de bain en marbre lui est adjointe. A l’époque de Lady Baillie, le château servait de havre de paix à des invités prestigieux. On cite David Niven, qui jouait le rôle de Sir Charles Litton dans « la Panthère Rose », ou Charlie Chaplin. 

Cette chambre fait partie des vingt encore en service pour des mariages. 

Pour faire un clin d’œil à Michel B., camarade collectionneur et néanmoins coquet, ce n’est pas dans ces lieux qu’a été tourné « le Mystère de la Chambre Jaune ». Parole de Rouletabille!

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Au mur, une peinture de Giambattista Tiepolo (1696 – 1770) qui met en avant des personnages de la « Commedia dell’Arte ».

Normalement, cette pièce est la salle à manger. Dans les faits, elle peut accueillir jusqu’à trente invités. Outre les tapisseries murales d’inspiration Aubusson, le parquet serait, dit-on, une récupération du château de Versailles. Ce que je sais, c’est que le tapis a été retissé en 2015 sur un motif de Boudin.  

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Les porcelaines fixées au mur sont chinoises et datent des XVIIe et XVIIIe siècles. 

Les plus observateurs d’entre vous auront noté que dans le salon ‘Thorpe Hall » qui suit, le plafond est légèrement plus bas, sans pour autant ressembler à ceux de nos malheureux pavillons contemporains. 

La raison en est simple: le plafond a été adapté aux boiseries et à la cheminée venue de « Thorpe Hall », non loin de Cambridge. Les boiseries ont été nettoyées de la peinture verte qui les couvrait avant d’être remontées ici en 1927. Vendre les boiseries était semble-t-il une manière de payer les droits de succession. 

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Je trouve qu’il se dégage de cet ensemble une harmonie et une sérénité toute empreinte de classe, quand bien même les sculptures sont un peu trop ostentatoires à mon goût. Ce n’est qu’une opinion personnelle.

Je vais conclure la visite des appartements par un portrait de celle qui a été l’inspiratrice de la décoration visible aujourd’hui: j’ai nommé Lady Baillie. Ce sont une fois de plus les droits de succession qui ont contraint les précédents propriétaires à vendre dans les années vingt. Lady Baillie voit le potentiel et entreprend de nombreux travaux tout au long des décennies suivantes. 

A sa mort en 1974, elle lègue l’ensemble à une fondation qui continue à gérer ce patrimoine exceptionnel. 

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Portrait de Lady Baillie entre ses deux filles, Suzanne et Pauline, en 1947.

Cette petite cour intérieure est un morceau d’architecture laissé par Catherine d’Aragon en souvenir de ses origines, un peu comme les patios que l’on trouve dans les demeures du sud de l’Espagne. 

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Vue d’un côté

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Vue de l’autre côté. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La façade du château n’a que peu changé depuis le XIXe siècle. 

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Mais quelle est donc cette auto devant la porte? 

Ne me demandez pas ce que cette limousine fait là, car je n’en sais rien. Sans doute est-elle juste utilisée pour des mariages. 

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La marque m’est inconnue et le style quelque peu ostentatoire. 

Nous empruntons un autre sentier en direction de la sortie  pour avoir une vue différente sur le domaine. 

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Il manque la brume du matin pour retrouver la description de Lord Conway.

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Le parc est sûrement plus agréable au printemps. 

 

 

 

 

 

 

 

Après ce dernier regard, nous reprenons la direction du village de Kinsclere, notre destination pour la nuit. Dans ce genre d’endroit, il n’y a pas d’hôtel, mais un des pubs offre quelques chambres. C’est le « George & Horn ». 

En Angleterre, tous les pubs possèdent des noms. Le mot Horn signifie « corne », « klaxon » et bien sûr « cor de chasse ».  Quant à George, ce n’est pas Clooney. Pour le reste …. Who else? 

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Les enseignes sont toujours un ravissement.

S’il y a des parties de la Grande-Bretagne où la pierre est le matériau de base de la construction, dans la majorité des cas c’est la brique qui domine. Sans vouloir vous faire un cours d’architecture, je souhaite quand même attirer votre attention sur la « bow window » (fenêtre débordante) et les fenêtres guillotines qui tirent leur nom de leur ouverture coulissante verticale qui peut faire penser à une guillotine. 

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Positionnement stratégique pour un pub: à l’angle de deux routes d’accès au village. 

La curiosité aidant, je tombe, à l’arrière de notre logis, sur la référence des gazons anglais: le terrain de boules! La qualité et la finesse de l’herbe y sont au moins aussi bonnes qu’à l’approche des trous d’un golf. Mais attention, on ne parle pas ici de pétanque, mais de boules sur herbe, parfois appelé boulingrin.

Les boules de boulingrin ne sont pas sphériques, mais légèrement écrasées aux deux pôles. De plus, leur forme est asymétrique, c’est-à-dire qu’un des pôles est plus écrasé que l’autre. Cette caractéristique leur donne une trajectoire elliptique, particulièrement marquée lorsque leur vitesse est faible. 

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Le temps ne se prête pas à une partie, mais croyez-moi c’est surprenant.

A l’intérieur du débit de boissons de Sa Majesté, on trouve une décoration plutôt sobre. Un des clients m’a expliqué qu’à une époque, le village comptait plus de vingt pubs. Il en reste aujourd’hui moins que de doigts sur une main. Les traditions se perdent, même en Angleterre. 

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Bières, cidres à la pression et bar collant des restes de boissons. 

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Un petit coin pour s’assoir et manger. Nous y prendrons le petit déjeuner le lendemain matin. 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes sept à loger là pour la nuit et à nous retrouver le soir. Erik, venu du Portugal pour acheter une Hotchkiss a eu bien de la peine à stationner sa remorque. A défaut de passer inaperçu, au moins la voiture est abritée des regards et des intempéries. La blague, c’est que quand les clients du pub l’ont vu arriver, ils ont cru à quelqu’un qui s’était perdu.  

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Fin connaisseur de la marque et grand collectionneur, Erik ne cache pas son attachement aux Hotchkiss.  

Le soir venu, nous avons rendez-vous pour souper dans un autre pub situé à deux cents mètres: » The Crown ». Est-il besoin de traduire? Le groupe est composé d’un couple de Belges, un couple d’Anglais venus de trop loin pour faire l’aller-retour dans la journée, Erik et nous deux. Un petit coin de la minuscule salle nous a été réservé. 

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Le lendemain, le temps est toujours misérable. Sur la trentaine de participants à cette journée, seuls deux ont bravé les éléments et nous ont rejoints en ancienne. 

Depuis le temps, vous savez que chaque modèle Hotchkiss porte le nom d’une ville ou d’une région. Je vous présente donc une AM2 la Baule de 1930. C’est un faux cabriolet à quatre places. 

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Je trouve à cette auto un style sympathique, et il n’y a en pas beaucoup. 

La deuxième Hotchkiss à s’être déplacée est une Vichy. C’est la version rallongée, reconnaissable à ses trois vitres latérales. Le modèle est d’avant-guerre, comme l’indiquent, entre autres détails, les essuie-glaces fixés en haut du pare-brise, et les parechocs. 

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Après une collation de milieu de matinée au George & Horn, toute la troupe se dirige vers le lieu de notre repas, un autre pub qui s’appelle « the White Hart », ce qui signifie « Le Cerf Blanc ».  

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Nos deux voitures arrivent un peu après les modernes. Vous pouvez noter le changement de carrosserie qui s’est opéré en moins de dix ans. 

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Vichy

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La Baule

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’intérieur de La Baule est plus ou moins dans son jus. 

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A l’intérieur, nous serons trente-trois, ce qui est remarquable eut égard au nombre d’adhérents du club anglais. Une fois le repas terminé, chacun ayant apporté un petit lot, c’est une partie de loto qui s’engage. Nous achetons un carton et ce sont les objets apportés qui récompensent les heureux gagnants.

Un manière pour le club de gagner un peu d’argent dans la bonne humeur. 

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Une anecdote: au moment de passer me laver les mains, je ne trouve pas de signe distinctif précisant quelle est la porte destinée aux femmes et celle destinée aux hommes, mais juste ces inscriptions, peu connues des non chasseurs. La première solution est d’attendre qu’une personne sorte. L’autre est de connaître ces mots et de choisir. 

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Pour les biches. 

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Pour les cerfs. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous nous quittons pour reprendre la direction de la France. Ironie, en ce milieu d’après-midi, le soleil est présent et toute trace de pluie a disparu.

La réservation du tunnel n’est que pour le lendemain matin, donc rien ne sert de se presser. Une chambre a été réservée dans la ville de « Sevenoaks » (les sept chênes).

Je ne résiste pas à l’envie de vous montrer quelques clichés de notre hôtel. Autour d’un ancien cottage à colombage qui est utilisé comme salle à manger, l’architecte a conçu dans un bâtiment moderne des chambres fonctionnelles que peuvent envier nos hoteliers parisiens.  

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Le gazon a bien entendu été tondu dans les règles de l’art. 

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Vision nocturne 

En résumé, vous pouvez vous dire que parcourir deux mille kilomètres pour un loto manque peut-être de sens. Détrompez-vous. La rupture avec le quotidien est telle qu’un court séjour de ce type est un vrai moyen de faire une coupure. 

Le commentaire de Chamousette.  » Je me console à l’idée que l’on aura besoin de moi pour le rallye 2020 à Evesham. Au programme, on visitera le musée Bugatti situé à proximité du Prescot Speed Hill Climb (course de côte). Je m’en pourlèche les bielles d’avance! »

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Automobile ancienne à votre service

 

 

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