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Du Gâtinais au Var en Hotchkiss J4

Du Gâtinais au Var en Hotchkiss J4

Le pari est presque gagné. Nous quittons Gréoux-les-Bains pour notre dernière journée de route. L’étape ne sera pas longue: un peu moins de 180 kilomètres et Chamousette est toujours en forme.

Nous arrivons assez vite à Barjols. Commune du Var, ce village de ce que certains appellent la Provence Verte est remarquable par ses fontaines et lavoirs, au nombre de trente-huit! Dans le midi, faire la « bugade » signifie faire la lessive. Par assimilation, « bugade » et lavoir sont des synonymes. Ses trois mille habitants se nomment Barjolais et Barjolaises, et pas les Barjots, terme populaire péjoratif. 

Du Gâtinais au Var en Hotchkiss J4

Du Gâtinais au Var en Hotchkiss J4 en passant par Barjols. 

La ville est traversée par l’Argens, fleuve bien connu pour ses crues aussi soudaines que violentes, dont l’eau a fait de Barjols la capitale du cuir au XIXe et XXe siècles grâce à ses moulins et tanneries. 

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Si pierre qui roule n’amasse pas mousse, cette fontaine par contre en est couverte. 

Comme tous les villages provençaux construits à flanc de coteau, l’altitude est comprise dans une fourchette qui va de 183 à plus de 470 mètres. La signification de Barjols est justement « Jolies montagnes ». Visiter le village implique de grimper au gré des ruelles.

Cela me fait penser à la chanson de Nino Ferrer: 

« C’est un endroit qui ressemble à la Louisiane

À l’Italie
Il y a du linge étendu sur la terrasse
Et c’est joli

On dirait le Sud
Le temps dure longtemps
Et la vie sûrement
Plus d’un million d’années
Et toujours en été »

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Fontaine du monument aux morts. 

La fontaine Capitaine Vincens, que je vous propose ci-dessous, est amusante car elle est séparée de son lavoir par un platane. Le Capitaine est un soldat décédé pendant la guerre de 14-18. Vous avez noté que Vincens se termine par un S et non pas par un T. Il n’y a donc pas de confusion possible avec le Capitaine Vincent, Vincent Olivier de son vrai nom, qui, ancien esclave, mourut à l’âge de 120 ans à l’issue d’une vie trépidante. 

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Du Gâtinais au Var en Hotchkiss J4: la fontaine date de 1884. 

Comme toujours dans une France à l’histoire et à la culture inséparables de la religion catholique, parmi les monuments historiques, on retrouve l’église. L’église Notre-Dame de l’Assomption de Barjols a été fondée en 1014 et élevée au rang de collégiale en 1060. Elle sera reconstruite entre 1537 et 1559 par l’architecte Michel Gombert.

Du Gâtinais au Var en Hotchkiss J4

Du Gâtinais au Var en Hotchkiss J4: Liberté Egalité Fraternité. 

Il est assez rare de descendre dans une église. Ici c’est le cas: douze marches permettent d’atteindre les trois nefs. 

Du Gâtinais au Var en Hotchkiss J4

Du Gâtinais au Var en Hotchkiss J4

J’ai trouvé la collégiale sombre, très sombre, et certains de ses attributs étonnants, pour ne pas dire dérangeants, comme la mise en scène de la Vierge. Les têtes dénuées de corps de certains des chérubins me dérangent un peu…  D’ailleurs, malgré mes recherches, je n’ai rien trouvé sur cette composition. 

Du Gâtinais au Var en Hotchkiss J4

Du Gâtinais au Var en Hotchkiss J4

La seule raison qui m’a poussé à prendre ce cliché est la clarté provenant de ce puits de lumière. 

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La sonorité serait exceptionnelle dans l’église. Je n’ai pas pu vérifier. 

Les tanneries qui ont contribué au développement de Barjols se trouvaient dans le quartier du Real. 

Si les anciens ateliers ont été plus ou moins repris par des artisans, cette partie du quartier propose grotte et fontaine. Le panorama sur le village et le clocher sont également fort jolis.

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L’ensemble a été joliment arrangé. 

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Vous comprenez pourquoi cela m’a fait penser à l’Italie? 

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A l’origine cette roue n’était pas située là. Elle aurait servi dans un moulin à papier. C’est une reconstitution. 

Nous filons plein Est en direction de Draguignan. Nous évitons l’Abbaye du Thoronet que nous connaissons déjà pour passer par Salernes. Si vous n’en avez jamais entendu parler, vous connaissez cependant son produit phare: les tomettes provençales hexagonales. 

Mais à Salernes, le jour de marché est le mercredi. Rien à voir avec celui de Vaison-la-Romaine. Ici, vous trouvez un vrai marché Provençal. 

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Il est à l’ombre et on peu aisément circuler entre les marchands. 

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6€ les trois melons de Provence et en plus on peut goûter! 

Nous sommes en ancienne, donc je ne pouvais pas ne pas vous montrer ce joliment restauré et aménagé fourgon HY. 

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On connaissait les « Food Trucks ». Je vous présente un « Wine Truck ».

Une vingtaine de kilomètres plus loin, c’est Lorgues qui nous accueille pour le déjeuner. Attention, ici on frôle la mégapole! La ville compte plus de dix mille habitants! La mairie, sur son site internet, précise que nous sommes à 45 minutes de Saint-Tropez (temps très optimiste à moins d’être pilote de course car il faut entre 60 et 90 minutes en réalité).  Il y est aussi fait état que Lorgues est un havre de paix.  Je trouve ces précisions très drôles. Effectivement, Saint-Tropez est tout sauf un havre de paix!

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Oh surprise, une fontaine! 

C’est bien à l’ombre que nous trouvons notre bonheur parmi les multiples restaurants qui offrent des tables en terrasse. 

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Repas du jour pour 17€. 

Pour les derniers kilomètres, nous rejoignons la RN7. Certains en font un fond de commerce. Je vais vous faire une confidence: l’intérêt qu’on porte à cette route est de mon point de vue très exagéré. Il y a certes des coins sympathiques où les nostalgiques retrouvent des repères d’il y a 50 ans, mais la plupart ont disparus.  Il faut dire que j’habite non loin de feu la RN7 et que ce que j’en connais me suffit.

Enfin, une fois arrivé au Muy, nous prenons directement la direction de Saint-Raphaël, but ultime de ces quatre jours.  

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Puisque nous sommes dans la nostalgie, ce panneau « route bleue » ravive un souvenir d’enfance, quand de retour de Bretagne pour nous rendre à Aix-en-Provence, ma sœur, ma mère et moi chantions à tue tête dans l’Ami 6 la célèbre chanson de Marcel Amont:

« Bleu, bleu, le ciel de Provence
Blanc, blanc, blanc, le goéland
Le bateau blanc qui danse
Blond, blond, le soleil de plomb
Et dans tes yeux
Mon rêve en bleu – bleu – bleu« 

Clin d’œil aux touristes nostalgiques,  cet aménagement d’un immense giratoire n’est pas plus idiot qu’un autre.  D’un côté nous somme à 105 km de l’Italie, de l’autre Paris est à 875 km.

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Un cep de vigne pour rappeler que le Var est un département producteur de bons vins.

Pour conclure ce voyage, et malgré la chaleur, nous dépassons légèrement la cible pour montrer la mer Méditerranée à Chamousette. Et ce mélange des couleurs vaut bien les quelques kilomètres en plus. 

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Le massif de l’Esterel du côté du Pic du Cap Roux. Les Roches Rouges.

Nous immortalisons notre brave Hotchkiss devant la plage d’Agay. 

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Au fond, Cap Esterel et le Cap du Dramont. Vous remarquerez le scintillement du pare-chocs. Chamousette a la banane, même si elle n’en a plus!

Après quatre jours de voyage et 1027 kilomètres parcourus sur des routes volontairement peu fréquentées, nous sommes arrivés sans panne. L’objectif est totalement atteint. En bonus, des souvenirs de lieux magnifiques. Un seul regret: tout ce que nous n’avons pas vus. Il faudra recommencer!

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Au frais dans le garage.

En septembre, après le rallye de l’ACM (Association des Clubs de Marque), le retour s’effectuera en deux jours par le Gard, la Haute Loire et la plaine de l’Allier. Il devrait faire moins chaud!

Le commentaire de Chamousette: Je fais la nique à tous les sceptiques qui pensaient que la route serait semée d’embûches de mon fait! Oui, je ne suis pas aussi leste qu’un châssis court et mes sorties de virages en épingle sont parfois limite! Oui, je hais les automobilistes irresponsables par la faute desquels on a inventé les ralentisseurs, mais grâce à l’action de Super Patrick je n’y ai pas laissé mon pot d’échappement ! Oui, pour traverser les agglomérations une boîte de vitesse synchronisée serait plus adaptée, mais le couple légendaire de mon six cylindres atténue le désagrément!  Oui, mon bloc en fonte dégage de la chaleur dont profitent les passagers, mais j’ai maintenu ma température d’eau à un niveau acceptable malgré la canicule. Oui, mes freins couinent un peu et une assistance au freinage serait plus confortable, mais je n’ai envoyé personne dans le pare-brise car tout est dans la gestion de l’anticipation. 

Et puis partout on a salué ma ligne et ma classe. En plus, j’ai démontré une sobriété exemplaire en ne consommant sur le parcours que 13,5 litres alors que le standard dans ma catégorie est plutôt au dessus de 15. En résumé, je suis contente de moi, et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, je n’ai pas de honte à le dire moi-même: Chamousette est à la fête! 

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